En France, le « Conseil d’Églises Chrétiennes en France » (CECEF) réuni des responsables des principales Églises et communautés chrétiennes. Pour se préparer à la commémoration de la Réformation, le CECEF a réunit le sociologue J.-P. Willaime auquel ont répondu deux théologiens : H.-J. Gagey (Église catholique romaine) et J.-F. Colosimo (orthodoxe.) Ces échanges sont publiés aujourd’hui.

J.-P. Willaime interroge l’ultra-modernité : comment vivre ensemble dans un monde incertain ? Avec ce constat : nous vivons dans une société déboussolée constituée d’individus inquiets. Qu’en est-il alors des identités dans une culture « détraditionnalisée » comme l’écrit Gagey ? Offrir des temps et des lieux comme une source qui abreuve de la Parole et de la liturgie : Retrouver une lecture réconfortante de la Bible appuyée sur une expérience réconfortante de la liturgie qui permettront à chacun de regarder sa vie en face, de regarder l’abîme en face sans perdre cœur. Puis, dans un mouvement permanent, se lancer dans la société pour contribuer – aux côtés de beaucoup d’autres –  à l’invention de nouveaux arts de vivre.

Loin d’être réactive, défensive et polémique, l’identité chrétienne fonde une double responsabilité pour aujourd’hui selon Colosimo : Une Église qui ne prend pas en charge l’histoire des peuples face à l’inquiétude de la dissolution qui les hante aujourd’hui est démissionnaire. Une Église qui laisse des factions idéologiques reconstruire des identités politiques à partir du fonds religieux est démissionnaire.