imgres1-108x150I. La semaine de prières pour l’unité des chrétiens

Quelques événements nous font mieux comprendre les raisons de cette semaine. Tout d’abord rappelons que l’oecuménisme n’est pas une invention humaine, ni une mode. C’est l’Esprit Saint qui a souligné la prière de Jésus durant le 20e siècle. « Que tous soient un comme toi, Père tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jean 17,21) Si Jésus a prié pour l’unité, c’est pour nous faire comprendre qu’elle ne s’obtient pas par nos propres forces. Nous devons prier. Le cœur de l’oecuménisme est une conversion toujours plus profonde à Jésus-Christ, par la prière et l’écoute de la Parole de Dieu. En effet, plus nous serons proches du Christ, plus nous serons proches les unes des autres.

Ce n’est pas par hasard que cette semaine se termine le 25 janvier, car c’est le jour traditionnel de la conversion de l’apôtre Paul. Comment en est-on arrivé à proposer une semaine de prière pour l’unité? Voici quelques jalons :

– 1820 : Le pasteur James Haldane Steward publie les « Conseils pour l’union générale des chrétiens, en vue d’une effusion de l’Esprit ».

– 1847 : Première semaine de prière de l’Alliance évangélique universelle. Cette semaine existe toujours et a lieu une semaine avant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Depuis 2011, son thème est le même que celui de la semaine pour l’unité (pour 2013, voir le site du Réseau évangélique de Suisse romande)

– 1867 : La première assemblée des évêques anglicans (Conférence de Lambeth) insiste sur la prière pour l’unité.

– 1894 : Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l’Octave de la prière pour l’unité (Pentecôte)

– Célébration de « l’octave pour l’unité de l’Eglise (18 janvier au 25 janvier), à l’initiative du Rev. Paul Wattson (fondateur de la Society of the Atonement, branche franciscaine de l’anglicanisme, passée ensuite au catholicisme)

– 1935. L’abbé Paul Couturier (Lyon) promeut la « Semaine universelle de prière pour l’unité des chrétiens sur la base d’une prière conçue pour l’unité que veut le Christ, par les moyens qu’il veut ».

Alors que les invitations à la prière avaient comme but le retour des séparés dans le giron de l’Eglise catholique, la nouveauté est de prier pour l’unité « quand Dieu la voudra, telle qu’il la voudra et par les moyens qu’il voudra ». En 1928, Pie XI, déclara en effet dans Mortalium Animos : « Il n’est pas permis de procurer l’unité des chrétiens autrement qu’en favorisant le retour des dissidents à la seule véritable Eglise ». Il critiqua sévèrement le « panchristianisme » d’inspiration protestante.

Prière pour l’unité de P. Couturier :

Seigneur Jésus, qui, à la veille de mourir pour nous, as prié pour que tous tes disciples soient parfaitement un, comme Toi en Ton père et ton Père en Toi, fais-nous ressentir douloureusement l’infidélité de notre désunion.

Donne-nous la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance et même d’hostilité mutuelles.

Accorde-nous de nous rencontrer tous en Toi, afin que, de nos âmes et de nos lèvres, monte incessamment Ta prière pour l’unité des chrétiens, telle que Tu la veux, par les moyens que Tu veux.  En toi, qui es la charité parfaite, fais-nous trouver la Voie qui conduit à l’unité dans l’obéissance à ton amour et à ta vérité. Amen !

 – 1964 : Le Décret sur l’oecuménisme de Vatican II souligne que la prière et la conversion au Christ sont « l’âme de l’oecuménisme ». Il encourage la pratique de la semaine de Prière. A Jérusalem, Paul VI et le Patriarche Athénagoras récitent ensemble la prière de Jésus « Que tous soient un ».

– 1966 : La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l’unité des Chrétiens (Catholique) préparent ensemble le texte pour la semaine de prière pour l’unité. Dès lors, chaque année, un thème biblique est confié à un groupe oecuménique d’un pays particulier.

II. L’oecuménisme monastique.

Le « monastère invisible ». P. Couturier désirait que les monastères contemplatifs s’associent à une prière permanente pour l’unité : « Le monastère invisible est constitué par l’ensemble des âmes à qui l’Esprit saint a pu faire connaître le douloureux état des séparations entre chrétiens, et en lesquelles cette connaissance a engendré une permanente souffrance, génératrice d’une habituelle prière et pénitence. Il est invisible dans sa totalité éparse parmi toutes les confessions chrétiennes ».

Thomas Merton écrivait : « Si j’unis en moi les pensées et la piété des chrétiens d’Orient et d’Occident, des Pères grecs et latins, des mystiques russes et espagnols, je prépare dans mon âme la réunion des chrétiens séparés. De cette unité secrète et muette peut finalement sortir une unité visible et manifeste de tous les chrétiens divisés ».[1]

Taizé, Grandchamp, Bose, Mazille, Maldon (monastère orthodoxe en Angleterre) sont des lieux d’oecuménisme. Des échanges monastiques interconfessionnels ont lieu dans le cadre de l’Association internationale et interconfessionnelle de religieux et religieuses . Sur le plan interreligieux, le DIM (Dialogue interreligieux monastique) permet à des personnes de diverses religions de partager l’expérience monastique.

Pourquoi le monachisme a-t-il une vocation œcuménique ?  

– Il remonte dans le temps avant la division des Eglises. C’est dans les monastères que l’on peut le mieux retrouver l’Eglise indivise des dix premiers siècles. Il est animé d’un unique désir pour le Dieu d’unité ; cela entraîne l’unification de la personne et la communion avec tous. On ne cesse de s’y nourrir de la Parole de Dieu et des vies, écrits des Pères et des saints de l’Orient et de l’Occident. Silence, méditation et prière sont des sources de communion.

« Je confie particulièrement aux monastères de vie contemplative l’oecuménisme spirituel de la prière, de la conversion du cœur et de la charité ».[2]

 III. Le Renouveau charismatique

Caractère interconfessionnel du renouveau

– Antécédents : Union de prière de Charmes en 1946 ; Convention charismatique interconfessionnelle (1968, Past. Thomas Roberts).

«Le Renouveau, une grâce œcuménique de choix… » (Cardinal Suenens)

IV. Les Communautés nouvelles et les mouvements

Elles sont des sources chaudes de l’œcuménisme.

V. L’Œcuménisme du Peuple de Dieu

L’avenir de l’œcuménisme réclame une centration sur l’Evangile. Il s’agit, là, d’un patrimoine de valeur infini que nous avons en commun et dont nous pouvons certainement bénéficier davantage dans notre cheminement de disciples du Christ.

L’œcuménisme a besoin de mettre en évidence une vie chrétienne qui se nourrit de la Parole, de chacune des paroles de Jésus. Elles sont à méditer ensemble et surtout à être mises en pratique. Concrètement, là, où chaque chrétien se trouve, dans son propre milieu de vie familiale, professionnel, partout.

L’Evangile médité, commenté, vécu et partagé avec d’autres chrétiens de différentes confessions nous aidera à grandir dans la connaissance et l’amour réciproques. Ainsi le Christ pourra être spirituellement présent comme il l’a promis (Mt. 18,20) au milieu des siens. Et, lorsqu’il  est présent, il se manifeste, il nous éclaire sur les chemins à parcourir ensemble afin que son désir, son « testament », puisse s’accomplir : « Père que tous soient un (…) afin que le monde croie » (Jn 17,21).

Ainsi, pourrons-nous être un don pour les autres et diffuser l’amour  réciproque entre nos Eglises en étant des témoins de l’unité dans la pluralité. Ainsi, notre témoignage sera crédible aux yeux de ce monde qui verra et pourra à nouveau exclamer : – «combien ils s’aiment  et sont prêts à donner la vie les uns pour les autres».


[1] Réflexions d’un spectateur incapable, Albin Michel, 1970, 26

[2] Jean-Paul II, Exhortation apostolique Vita consecrata, 1996, No. 101